Chaque teinte dissimulée derrière une boiserie,
chaque nuance dans un recoin oublié,
portent en elles les restes d’une époque.
Un fragment de peinture suffit parfois à faire surgir
les strates invisibles du bâti,
un usage oublié, une lumière passée, des ressources enfouies, un rapport au territoire caribéen enraciné.
La couleur n’a rien de figé, elle s’altère, s’oxyde, se transforme, et pourtant elle subsiste.
Loin d’être décorative, la couleur est un témoignage de ce "qu’on avait sous la main", de la place que l'on occupait, de ce en quoi l'on croyait, de ce que l’on voulait montrer, parfois de ce que l’on tentait de masquer, de toute une expérience enfouie.
Préserver, restaurer ou transformer, c'est choisir ce que l’on ravive, ce que l’on efface et ce que l’on interprète.